Samedi 15 mai 2010 6 15 /05 /Mai /2010 18:17

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Le Seigneur des Mouches : 1er tome : Le talisman - 25 euros

Le seigneur des Mouches :2ème tome : Le Maître des Songes - 22 euros

Le Seigneur des Mouches : 3ème tome : Le voile maudit - 25euros 

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                                                Pour vous donner un aperçu de ma trilogie, je vous envoie l'épilogue de mon troisième tome :"Le Voile maudit".

 

 

 

 

                                                       Epilogue

 

 

 

 

                                                                               Laure, ébahie, la bouche ouverte, se frottait les yeux, regardait sa sœur sans pouvoir à l’instant appréhender la réalité. Une illusion. Elle était un peu vaseuse. Ses jambes flageolaient. Elle situait mal son orientation. Elle ne comprenait pas. Elle était assisse. Mais où ? Elle enregistrait des flashs fugitifs qu’elle ne saisissait pas.

- Comment ?... Sarah, heu…. mais tu es…

- Mais, ma poule… tu dors ?... que fais-tu, assise sur ce banc, face à mon appartement ?... ça fait des heures que je t’appelle,… sans réponse de ta part ! Bon dieu, t’es malade ?

- Heu,...  non, non !... j’ai dû m’assoupir ! Excuse-moi, mon téléphone n’a plus de batterie ! Heu, en quelle année sommes-nous ?

- Tu débloques, ma pauvre fille ! L’année 2007 est aussi plate que mon portemonnaie ! Sarah lui présenta ses clefs.

- Tiens, monte et fais-toi un café !... ça te réveillera ! Bon, je suis pressée. J’ai un cours dans dix minutes… attends-moi, je reviens dans une heure !... j’ai des nouvelles fraîches… je te raconterai !

 Laure regarda sa sœur monter dans une voiture garée contre le trottoir, aux abords de son banc. Un homme aux larges épaules conduisait.

- Bon sang, que m’arrive-t-il ?

Des images valsaient dans sa tête. Des histoires se chevauchaient. Pleines de cris et de fureur. Un amas monstrueux, cotonneux et flou, obstruait son cerveau. Elle était incapable de mettre une idée l’une derrière l’autre. Seule, une image démente imprégnait sa rétine avec une netteté absolue : une femme avec des ailes dans le dos planait dans l’azur d’un ciel où deux soleils flamboyaient.

- Je suis folle, pensait-elle, affligée par un tel comportement… ma parole, quelqu’un m’a droguée à mon insu… un tel délabrement physique soudain… je ne me souviens de rien… faut te faire soigner, ma pauvre fille !

Elle abandonna son banc avec difficulté.

Les quatre étages à monter lui semblaient interminables. Comme une épreuve insurmontable. Le souffle court, elle s’agrippait à la rampe, stoppait, les deux pieds sur une marche, récupérait un peu, puis continuait sa pénible ascension. Trouver la bonne clef et ouvrir la porte étaient un calvaire. Dans la cuisine, elle se prépara un café avec des gestes malhabiles. Il avait un goût infect. Au salon, elle s’affala sur le divan, épuisée ; des gouttes de sueur froides parcouraient son corps de douloureux frissons. Allongée, les yeux fermés, elle calma son rythme respiratoire, essaya de vider son esprit.

- Ne pense plus, ma fille,… ne pense plus !... abandonne ta peur et tout le reste… laisse agir ton corps !... ne le provoque pas ! Il s’épure tout seul,… pauvre petite chose dérangée pour un rien !

Une demi-heure de silence permit à Laure de récupérer quelques forces. Ses membres engourdis se dénouaient en de longs étirements. Les contractions qui la forçaient à se tendre comme un bâton disparaissaient peu à peu. Ses jambes et ses bras récupéraient leur souplesse. Son esprit ne s’affolait plus. Son cerveau, nourri par les exercices respiratoires en continu, calmait les battements de son cœur affolé par cette perte de mémoire soudaine. Elle commençait à analyser cette sorte de dégradation nerveuse. Un surcroit de travail à l’université. Plus les groupes de discussion qu’elle animait avec passion. Des soirées interminables.

De vagues pensées taciturnes surnageaient encore dans son esprit comme de pauvres papillons noirs aux ailes tailladées. Des lambeaux de phrases la harcelaient : - «…  des trusts internationaux truqueraient la réalité pour asservir l’humanité… » - «… le seul fait de croire au Mal le met en existence… » -

- Bon, reprenons ce dialogue de sourd… que m’arrive-t-il ?... sans doute une fatigue excessive !... ces derniers jours, toutes ces discussions sur l’intelligence artificielle et sur les implants humains inoculés par l’intermédiaire de vaccins, m’ont déconcertée et démoralisée… ces théories du complot m’embrouillent !

Elle se leva. Ses vertiges avaient disparu. Elle reprit du café. La chaleur bienfaisante du liquide la revigorait.

- Des envahisseurs nous boufferaient le cerveau ! Lança-t-elle, énervée… quelle foutaise !... oh, après tout, nous sommes libres de penser ce que l’on veut ! Il faut de tout pour faire un monde !

Elle se sentait bien. Comme avant. Elle ne comprenait pas ce passage à vide. Peut-être irait-elle se faire examiner par un médecin ? Un neurologue. Pour l’instant, aucune séquelle due à ces troubles passagers ne se manifestait. Sa mémoire était revenue. Elle se rappelait que ses cours de physique quantique reprenaient le lendemain. Dans un quart d’heure, sa sœur reviendrait de son université. En attendant, elle se dirigea vers le bureau de Sarah. Ses yeux remarquèrent un article sur la narco-hypnose.

- Tiens ! Sarah s’intéresse à ce genre de lecture… voyons : « … des études démontrèrent que des moteurs d’automobiles pouvaient être arrêtés par des ondes dès 1943… modification du comportement »… hmm… « … utilise de la mescaline, des barbituriques, de la morphine sur les détenus, expériences déjà produites par le Troisième Reich en 1947 à Auschwitz… beaucoup de scientifiques nazis, grâce au projet «  Paperclip » furent récupérés et envoyés aux U.S.A, à la Base aérienne de San Antonio dans le Texas. Ils continuèrent leur programme de narco-hypnose  sous le contrôle de la C.I.A… ces vastes programmes secrets portaient le nom de MKultra, Bluebird, Chatter… »

Laure tourna la page, dégoûtée, mais intéressée.

- « … les expériences secrètes du docteur Delgado sur les humains et sur des animaux démontrèrent l’efficacité des stimulations électroniques additionnées à la narco-hypnose… création d’une société « psycho-civilisée »… radio-stimulation de différents points de l’amygdale et de l’hippocampe provoque des hallucinations, efface la mémoire chez des sujets traités par électrochocs… créations de personnalités multiples… opération Pandora consistait par l’intermédiaire de micro-ondes à provoquer des crises cardiaques, des ouvertures dans la barrière hématoméningée et à produire des hallucinations auditives, et contrôler ainsi l’esprit humain… »

Elle sauta des paragraphes.

 - « … générateur qui interfère avec l’activité cérébrale est une matraque électrique conçue pour envahir l’esprit et court-circuiter les synapses, utilisée pour désorienter des foules et forcer des individus à adopter un comportement auto-destructeur… le mouvement, l’émotion et le comportement peuvent être dirigés par des forces électriques… les êtres humains peuvent être contrôlés comme des robots en appuyant sur des boutons… population mondiale trop dense… six milliards de gens doivent disparaître… »

Hein ?... quelle foutaise !

Elle tourna d’autres pages.

- Ha, là… ils exagèrent.

Elle lue :

- «… Le monde est sous l’emprise de quelques oligarchies qui détiennent tous les pouvoirs et peuvent aller jusqu’à fabriquer des agents pathogènes afin de réaliser leur projet d’eugénisme sélectif planétaire… l’homme deviendrait une unité à impulsion électrique à 2 dimensions, ne vivant que dans un système linéaire où l’on ne croit que ce que l’on voit… la vision se réduirait de plus en plus... » -

Des rides d’incompréhension plissaient son front. Elle frottait ses mains moites sur sa veste.

- Ma sœur est cinglée de lire ces inepties !... elle a été enrôlée dans une secte, ou quoi ?... s’il existe un dixième de vérité dans cette revue, c’est catastrophique !... toutes ces armes de destruction mentale sont… horribles ! Impensables !

Son regard se posa sur une dernière phrase :

- « … cette capacité de « tuer doucement » comme elles ont été surnommées est politiquement souhaitable… ».

Nerveuse, elle posa la revue sur le bureau. Son ventre émettait des borborygmes malsonnants. Malgré elle, cette courte lecture l’avait déstabilisée. En effet, elle savait pertinemment que le cerveau arrive à tout décoder. Et, le plus important, influencer 11 longueurs d’ondes sur les 23 du cerveau, était d’une facilité déconcertante. Un jeu d’enfant. Elle se souvenait d’une phrase de Paul VI : « Le Mal n’est plus seulement une déficience, il est le fait d’un être vivant, spirituel, perverti et pervertisseur ».

- Hum,… si tout ce ramassis de mauvaises nouvelles s’avère vraie, l’humanité est prise en otage… et les gens du commun comme nous ne sommes, en fait, que des cobayes et des victimes… des proies faciles… heureusement, nous sommes libres de nous défendre ! Et nous…

La porte d’entrée claqua.

- Hello ! Je suis là ! Lança Sarah d’une voix enjouée… viens ! J’ai une personne à te montrer !

La tête de Laure apparut au chambranle de la porte de la cuisine. Avec étonnement, elle vit un géant de deux mètres à la carrure impressionnante, aux cheveux noirs coupés en brosse, un énorme cigare à la bouche.

- Je te présente le commissaire Luc Blondin,… rencontré lors d’une soirée chez les Girard que tu connais… des collègues de la fac… dorénavant, je ne le quitte plus,… grâce à lui, toutes mes contraventions ont sauté, ha, ha !

- Bonjour ! Formula le commissaire, le bras tendu, un peu cérémonieux.

Sa grosse voix et son énorme main impressionnèrent Laure.

- Heu, bonjour ! Répondit Laure, intimidée… enchantée de vous connaître !... hé, ma sœur est une cachottière !... elle a oublié de me parler de vous !

- Ho,… pour que tu me le prennes ! Lança Sarah en riant…

Elle aperçut la revue dans les mains de Laure.

- Tiens,… tu as lu ces articles déments ?

- Quelques uns !... c’est du charabia,… t’es folle de lire ce ramassis de mauvaises nouvelles !

- Ho, je l’ai acheté pour le reportage sur la fin du monde, sur les prophéties mayas : « … au lever du soleil du 21 décembre 2012, pour la première fois depuis 25 920 ans, le soleil se lèvera pour se joindre à l’alignement des plans écliptiques et de la Voie Lactée : une Croix Cosmique »... ce serait l’annonce de la fameuse apocalypse de Saint Jean…

- Tu ne crois pas à ces inepties, j’espère, râla Laure, étonnée… ce n’est qu’une coïncidence géométrique… et… cette  date butoir du calendrier maya est un algorithme farfelu !

- Non, non, s’exclama Sarah, une moue aux bords des lèvres … en plus, cette prophétie n’indique pas la fin du monde, mais un changement… apocalypse, du grec apokalypsis, signifie : révélation… il est vrai que le monde s’enferme dans un soi-disant paradis technologique… qui peut nous mener au désastre !

- Oui,… un petit paradis fiscal pour ceux qui tiennent les manettes ! Dit Laure en s’esclaffant… mais pas pour nous, pauvres travailleurs contrôlés, esclaves d’une machinerie démoniaque ! Ha, ha !

- Les crises sont des périodes de renouvellement de la vie, intervint le commissaire… un cataclysme peut préparer le terrain pour de nouvelles espèces en tuant les anciennes !... en plus, les prédictions de Nostradamus, elles,… se terminent en l’an 3797,… alors, les prédictions apocalyptiques, vous savez… ne sont que des ragots de cinglés en mal de reconnaissance.

Le ton docte et l’air sérieux du commissaire surprit les deux femmes.

- Ho,… je vois que  monsieur est un expert ! Ironisa Sarah en lui décochant un baiser… un vrai philosophe, mon petit homme !

Les deux femmes rigolaient.

Luc, rouge de honte, un peu vexé, riait malgré lui.

- Bon, je vous laisse, les amoureux ! Lança Laure, heureuse de voir le bonheur de sa sœur... je vais finir mes préparations chez moi !... Au plaisir !

Le sourire aux lèvres, Laure dévala les escaliers. Aucune trace de sa mésaventure ne subsistait. Confiante, elle franchit le porche de l’immeuble d’un pas rapide.

Le choc fut brutal.

Elle roula au sol, glissa un court instant, une éternité, et buta le dos contre la ferraille du banc qui l’avait réceptionnée auparavant.

L’homme courtaud d’une cinquantaine d’années qui l’avait bousculée, grogna, se frotta l’épaule et fonça sur le trottoir en direction du métro. Un jeune garçon lui tenait la main. Laure aperçut un visage mafflu au cou de taureau, un torse nu sous un épais tablier en cuir de forgeron et deux énormes mains. Deux battoirs aux doigts boudinés. Elle s’évanouit presque. De colère, elle s’écria d’une voix éteinte :

- Espèce d’abrutis !... ne… ne vous excusez pas !

Ses oreilles sifflaient. Elle entendit chuchoter près d’elle, au niveau du sol :

- Rappelle-toi le chaos, la Mère !... Ne nous oublie pas ! Ta poche ! Ta poche !

Les mains agrippées au banc, elle réussit à s’asseoir.

Son cœur battait la chamade.

Un flash l’étreignit.

-    Schrick ! Jeannot ! Marmonna-t-elle, inconsciente.

Elle se frotta les yeux. Elle avait reconnue deux personnages dont elle ignorait l’existence. Ni de près ni de loin.

- Encore ! Quel délire m’étouffe ! Je divague !... des réminiscences de quel passé… ma parole, je vais devenir folle ! Bonne pour l’asile !

Elle baissa la tête.

Son regard aperçut un petit carnet rouge posé au sol.

- Tiens, ce sale type a laissé tomber ça !

Elle le ramassa.

Par curiosité, elle déplia les pages une à une.

Première page en caractère gras : -« … souviens-toi !... »

Les autres pages étaient des avertissements, des pamphlets, des poèmes, des maximes, des histoires d’une époque inconnue avec des héros d’un autre temps, avec des phrases et des observations écrites de telle manière qu’elles paraissaient s’adresser à elle directement.

- Vraiment,… j’insiste bêtement… jetons ce cahier à la poubelle.

Elle se leva.

Le calepin lui échappa des mains. Il tomba à plat, ouvert sur les deux dernières pages. Les caractères bougeaient.

Hypnotisée, elle ramassa de nouveau le carnet rouge. Elle vit l’intitulé, en haut et à droite, avec une émotion qu’elle ne comprenait pas, les larmes aux yeux : 

 

- « Les avertissements de Djinn le Budûh à Jeannot le magicien. » -

 

Les phrases défilaient devant ses yeux :

 

- « Le premier pas est de contrôler ta colère. Un sentiment artificiel enfoncé de force dans ton cœur par des millénaires d’habitude. »

- « N’écoute pas l’extérieur des mots… apprends à les manger. Evite les mots-poisons. Á dire ou à écouter.

- La chance, tu l’élèves au rang des amulettes ! Tu l’attires ou tu la repousses selon ton état d’esprit.

- Art du guerrier : unit ton corps à ton cœur.

- N’oublie pas : tu n’abuseras toujours que toi-même.

- Apprends à boire le temps à travers tes rêves.

- Adopte la non-violence comme principe naturel d’évolution.

- N’accueille pas le sommeil avant d’avoir examiné chacun de tes actes du jour.

- Contrôle ta dernière pensée avant de t’endormir.

- Préoccupe-toi de la lutte quotidienne et de la nécessité d’agir.

- Possède un niveau de conscience incompatible avec les rivalités.

- Transforme ton futur pour améliorer ton passé.

- Si tu crois que tu es au bout de ta quête spirituelle, imagine que les pensées qui te viennent dans l’instant se matérialisent ou se réalisent aussitôt… et constate par toi-même les effets bénéfiques ou catastrophiques… là, tu t’aperçois vite que tu n’es qu’au début de ta quête… et encore ! Tout dépend si ton pied est posé sur le bon sentier.

- Ne crois rien de ce que tu entends, et ne crois que la moitié de ce que tu vois.[1]

- Apprends à modifier tes pensées pour changer l’avenir du monde. Vouloir changer le monde est très dangereux.

- Tu es ce que tu penses, mais dans ton inconscient. Façonne ton inconscient.

- Ne te fais pas piéger par tous ces voyous du futur qui te donnent de faux conseils.

- Une once de pratiques vaut mieux que des tonnes de théories.

- Alors, assimile un de ces avertissements et travaille-le ! Celui qui te plait le plus !

 

Des larmes coulaient le long de ses joues.

La voix avait répété en sourdine : « Ta poche ! »

Ses doigts les fouillèrent avec avidité.

- Hein ?... c’est quoi, ce paquet ?... ce n’est pas à moi !

La paume de sa main renfermait une petite boîte en airain. Elle découvrit à l’intérieur un anneau creux en cristal. Une clameur montait à l’intérieur de son corps. Comme un long cri.

-  L’anneau de Gysès ! Murmura-t-elle, sans comprendre et horrifiée… quelle est cette histoire ?... d’où me vient ce nom dans ma bouche ?

De longues ailes d’or bruissaient autour d’elle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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[1] Laura Knight-Jadczyk : - L’histoire secrète du monde -

Par Regor - Publié dans : fantastique - Communauté : Temps X
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